(FILES) This file photo taken on July 28, 2017 shows people standing next to an empty boat as the traffic on the Kasai river has been slowed down due to insecurity at the port of Tshikapa, Democratic Republic of Congo. The UN on August 4, 2017 detailed more than 250 "extrajudicial or targeted killings" in the the Democratic Republic of Congo's Kasai region from mid-March to mid-June, counting dozens of children among the dead. "The UN team was able to confirm that between 12 March and 19 June some 251 people were the victims of extrajudicial and targeted killings," said the report from the United Nations human rights office. / AFP / Junior D. KANNAH

Crédits : JUNIOR D. KANNAH / AFP

Jean-Prince Mpandi n’aurait pu être qu’un mort de plus sur la longue liste des victimes des guerres qui se succèdent depuis vingt ans en République démocratique du Congo (RDC). Son meurtre, le 12 août 2016, perpétré par les forces de l’ordre congolaises, a de fait plongé les provinces du Kasaï, dans le centre du pays, jusque-là épargnées par les convulsions nationales, dans un tourbillon de violences. Jean-Prince Mpandi était kamuina nsapu, un chef coutumier dont l’autorité morale et mystique s’exerce sur son ethnie, les Bajila Kasanga. Son insurrection, lancée après que Kinshasa a entrepris, en 2015, de contrôler les autorités traditionnelles, est venue précipiter sa mort. « Nous lui avons démontré que la force reste à la loi », se pavane dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux un soldat devant la dépouille ensanglantée du sixième kamuina nsapu.

Mais, loin d’apaiser la situation, son élimination a embrasé l’ensemble de la région. Une armée d’enfants, de jeunes villageois et de femmes s’est depuis levée pour venger le chef défunt, en attaquant les symboles de l’Etat. Policiers, soldats, fonctionnaires, « traîtres » qui ont pris le parti du pouvoir, sorciers ou considérés comme tels, sont massacrés, souvent décapités, par les miliciens au front ceint d’un bandeau rouge, armés de machettes, de bâtons, de fusils de brousse ou de leur réplique en bois et de quelques kalachnikovs volées à l’armée.

La colère s’est répandue dans toutes les provinces du Kasaï, et le pouvoir a répondu par une répression implacable. Pour mener la contre-insurrection, une milice, les « Bana Mura », recrutés parmi les membres des communautés Tchokwe, Pende et Tetela, a été formée. Des renforts militaires ont été déployés dans la zone sous la conduite du général Eric Ruhorimbere, un rwandophone donc « un étranger à chasser » pour les adeptes du kamuina nsapu. Depuis le 29 mai, ce vétéran des guerres de l’est du pays, déjà…

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