Les photographies de Marilyn Monroe, c’est un peu comme les couvertures de Martine : Marilyn à la « une » du premier numéro de Playboy en 1953, Marilyn au Madison Square Garden chantant Happy Birthday à JFK, Marilyn en robe blanche dans Sept ans de réflexion…

Mais si l’aura de l’actrice persiste, cinquante-cinq ans après sa mort, c’est sans doute autant pour ces clichés glamour que pour ceux où transparaissent le quotidien et le mal-être de celle qui fut la star la plus triste d’Hollywood. Comme celles prises sur le plateau de son dernier film – Les Désaxés (The Misfits en anglais) de John Huston, qui ressort en salle le 16 août –, signées des photographes de l’agence Magnum Photos.

Par une coïncidence quasi macabre, l’ultime apparition de Marilyn Monroe sur un écran de cinéma a été le moment le plus photographié de sa carrière. Du 18 juillet à la fin octobre 1960, quand John Huston tourne, à Reno dans le Nevada, l’histoire de trois êtres paumés – une fille facile et triste (Marilyn Monroe) et des cow-boys désabusés (Clark Gable et Montgomery Clift) –, il est entouré de neuf collaborateurs de Magnum Photos, coopérative de photographes créée en 1947, qui doit son prestige au talent de ses membres comme à leur couverture des conflits du monde entier.

Sur le plateau de Huston se trouvent Eve Arnold, Cornell Capa, le frère de Robert, Henri Cartier-Bresson, Bruce Davidson, Elliot Erwitt, Ernst Haas, Erich Hartmann, Inge Morath et Dennis Stock. Pendant les quinze semaines du tournage, l’agence new-yorkaise a un accès exclusif, vendant ensuite les images aux journaux du monde entier. Un tel contrat n’était alors pas extraordinaire, mais, souligne Matthew Murphy, actuel directeur des archives de l’agence, « Les Désaxés ont eu la plus grande concentration de photographes, avec les résultats les plus extraordinaires ».

Un rôle sur mesure pour Marilyn

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