Marianne Ny, directrice du centre de développement de la prosécution publique de Göteborg.

Après sept ans de procédure, la justice suédoise a décidé, le 19 mai, d’abandonner l’enquête ouverte en 2010 après une plainte pour viol.

Initiatrice

L’affaire démarre en août 2010 quand deux Suédoises accusent le fondateur de WikiLeaks de viol. L’enquête est d’abord classée par la procureure de permanence, au parquet de Stockholm, mais l’avocat des plaignantes fait appel. Directrice du centre de développement de la prosécution publique de Göteborg depuis 2008, Marianne Ny est saisie de l’affaire et rouvre l’enquête le 1er septembre 2010. Quelques semaines plus tard, la Suède lance un mandat d’arrêt contre Assange.

Discrète

Pendant les sept ans que dure l’affaire, la procureure, aujourd’hui âgée de 64 ans, reste très discrète quand Assange multiplie entretiens, déclarations chocs et discours depuis le balcon de l’ambassade d’Equateur à Londres, où il s’est réfugié en août 2012. Marianne Ny, elle, s’exprime uniquement lors des conférences de presse. Son objectif ? Rappeler qu’il s’agit d’une procédure judiciaire et non d’une affaire politique.

Malmenée

Les soutiens d’Assange dépeignent cette spécialiste des violences conjugales comme une féministe radicale. Ils citent, à titre de preuve, son engagement pour un durcissement de la loi sur le viol. On l’accuse aussi d’être l’« amie » de l’ancien avocat des deux plaignantes – qui dit ne l’avoir rencontrée que deux fois – ainsi qu’une marionnette du gouvernement suédois, qui serait à son tour manipulé par Washington…

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Entêtée

Pendant cinq ans, Marianne Ny refuse de se rendre à Londres pour interroger l’Australien. Critiquée à ce sujet par la cour d’appel de Stockholm, elle finit par céder : en novembre 2016, Assange est entendu par un procureur équatorien. Le 19 mai, l’enquête est abandonnée faute d’éléments. Les soutiens d’Assange s’empressent de célébrer leur victoire. Marianne Ny, elle, insiste : Assange n’a pas été innocenté, il a joué la montre et l’a emporté.

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