La Chinafrique est à la fête. Mercredi 31 mai, la nouvelle ligne ferroviaire reliant Nairobi à la ville côtière de Mombasa, plus grand port d’Afrique de l’Est, devait être inaugurée avec faste. Le chemin de fer, réalisé et financé par Pékin, est le plus important projet d’infrastructure édifié au Kenya depuis l’indépendance en 1963.

Depuis plusieurs jours déjà, défilent sur les réseaux sociaux les images des hôtesses et conducteurs de locomotives kényans en uniforme, souriant et fin prêts, encadrés par des ingénieurs chinois. Les futures stations, halls de verre et de béton bâtis au milieu de la savane, ont été inaugurées par le président kényan, Uhuru Kenyatta, mardi lors d’un premier voyage très symbolique de la côte jusqu’à la capitale.

Deux mois avant les élections générales, le président kényan peut être satisfait : la Standard Gauge Railwayou SGR (du nom de l’écartement standard des rails) prend enfin la relève de l’antique Lunatic Express, construit à la fin du XIXe par le colon britannique. Aujourd’hui tombé en désuétude, celui-ci fut pourtant la colonne vertébrale du Kenya moderne, ses arrêts devenant au fil des ans les principales agglomérations du pays.

472 kilomètres, 9 stations flambant neuves et 98 ponts

La nouvelle ligne, œuvre de la China Road and Bridge Corporation (CRBC), est un exploit technique, avec ses 472 kilomètres, 9 stations flambant neuves et 98 ponts édifiés en seulement trois ans, malgré un dénivelé de quelque 1 600 mètres depuis l’océan jusqu’au plateau nairobien. Le SGR, à une allure de 120 km/h, emmènera ses 1 200 passagers en 4 heures seulement, depuis la capitale jusqu’à la côte (contre 10 à 20 heures avec le peu ponctuelLunatic Express…).

Cette ligne n’est que la partie émergée de l’iceberg : la Chine est devenue en moins d’une décennie le principal partenaire commercial du Kenya, la valeur de ses exportations à destination de Nairobi ayant doublé entre 2012…

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