Des vétérans de la guerre civile nigériane, portant le drapeau rouge, noir et vert du Biafra, s’apprêtent à être reçus par le militant politique et dirigeant du Mouvement pour les peuples indigènes du Biafra (IPOB), Nnamdi Kanu, à Umuahia (sud-est), le 26 mai.

Crédits : MARCO LONGARI / AFP

C’est une page noire de son histoire, que le Nigeria n’a pas encore tournée. Le 30 mai 1967, six ans après que le pays eut arraché son indépendance au Royaume-Uni, le lieutenant-colonel Odumegwu Ojukwu proclamait, de manière unilatérale, l’indépendance du Biafra, une région du Sud-Est majoritairement peuplée d’Igbos.Cette offensive sécessionniste allait provoquer une guerre civile longue de trois ans ; trois années avant que les insurgés, pris en tenaille par les forces fidèles au gouvernement de Lagos, ne déposassent les armes. Au total, ce conflit aura fait plus d’un million de morts.Cinquante ans plus tard, les leçons de ce tragique épisode, que le Nigeria s’apprête à commémorer ce mardi dans une atmosphère empreinte de tension, ont-elles été tirées ? Le journaliste Orji Sunday estime que non, expliquant que justice n’a pas été rendue pour les (très nombreuses) victimes de la guerre et de la famine. De fait, beaucoup, au Biafra, se sentent toujours marginalisés, que ce soit au niveau économique ou politique. AllAfricaBien que la République du Biafra ait cessé d’exister, en janvier 1970, le mouvement pro-Biafra, lui, ne s’est jamais totalement éteint. Ces dernières années, il a même connu un regain de popularité, notamment chez les jeunes qui, pourtant, n’ont pas connu les affres de la guerre. Voice of America« Je soutiens le Biafra parce qu’il fait partie de mon identité. Le Nigeria est une création artificielle des Britanniques. Je ne suis pas un Nigérian, je ne l’ai jamais été et ne le serai jamais. Buhari déteste notre peuple », témoigne Sofuru Afah, un étudiant. Au pouvoir depuis mai 2015, le président Muhammadu Buhari a combattu les Biafrais lorsqu’il n’était encore qu’un jeune soldat…Face aux inclinations indépendantistes du Mouvement pour les peuples indigènes du Biafra (IPOB) et du Mouvement pour la réalisation de l’Etat souverain du Biafra (Massob), le vice-président, Yemi Osinbajo, a exhorté le peuple à ne pas se diviser….

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